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En attendant le retour du tramway
 

La place Carnot s’apprête à recevoir la visite prochaine de deux fleurons des transports en commun : le métro et le tramway.

On va donc bientôt se bousculer sur cette place pour, soit accéder à des tramways qui, d’après les dernières informations, seront des plus rutilants. Soit, descendre par Escalator vers la station Carnot qui verra passer un métro qui sera aussi beau que le tramway qui circulera en surface. Ces deux-là feront assaut de grâce pour attirer à eux les passagers. Un tour en beau métro, ou bien à l‘air libre à bord d’excellents tramways ? Faites votre choix, bonnes gens !

Si pour le métro, cela sera une totale nouveauté, pour ce qui est du tramway, il s’agirait plutôt  comme une sorte de renaissance ! En effet, il y a quelques dizaines d’années, des tramways allaient et venaient dans les rues de Romainville.

On peut distinguer trois périodes pour ce qui est de la carrière des tramways dans la commune. La première d’entre elles concernait une société qui  exploitait une ligne unique qui desservait Paris depuis la place de la République jusqu’à la Place Carnot. De la capitale vers le quasi-village de Romainville, voilà le parcours qui était celui que faisait par un curieux engin à impériale.

Plus originale encore, cette étrange méthode de distribution de l’énergie électrique qui était dispensée par des plots placés à intervalles réguliers entre les deux rails et qu’une sorte de chariot situé sous le plancher du tramway allait frotter afin de récupérer la précieuse énergie.

Imaginez un peu la scène! Ce gros véhicule déambulant dans la petite rue de Paris, tournant raide dans les virages et, en fin de parcours se positionnant sur une plate-forme située au terminus. Cet accessoire permettait de faire pivoter le tramway afin de lui faire entamer le trajet de retour.

Ce tout premier tramway fut inauguré le 1er juin 1896 et la société exploitante se nommait la Compagnie des tramways de Romainville. la carrière de cette dernière fut courte. En effet, elle fut rachetée en 1900 par la Compagnie de l’est parisien, dont les reins étaient bien plus solides. Elle renonça à ce mode d’alimentation par le sol qui avait provoqué maintes pannes de fonctionnement. Des dossiers épais de ces incidents de trajets sont conservés aux archives de la ville de Paris : de multiples tracas avaient frappé l’exploitation de cette ligne.

Toutefois, les usagers sans rancune utilisèrent avec zèle ce moyen de transport. Il y avait plusieurs sortes d’usagers, les ouvriers qui travaillaient dans les usines dans Paris même ; car, en effet, la capitale était une ville « industrielle », usines et manufactures en de tous genres y existaient, surtout dans les arrondissements populaires. Cette population laborieuse avait droit à des tickets à prix réduit, pour tôt le matin et pour le retour le soir.  

Par contre, le dimanche, c’était les Parisiens qui débarquaient de la capitale pour bénéficier de ce cadre qui était à l’époque encore un peu champêtre. Les prix pratiqués dans les commerces faisaient sourire ces voyageurs qui avaient l’habitude de voir chez eux des prix beaucoup plus élevés.

Les grands moments de la carte postale n’étaient pas encore d’actualité. Cela viendra plus tard, au début du XXe siècle. Aussi, les documents images sont rares pour montrer ce type d’engins si particuliers qui furent les premiers  des tramways à arpenter les rues de Romainville. 

A suivre …

 

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